Sifaoui chez Paul Amar 2

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Extraits de Eric Zemmour, une supercherie française.

Nous publions avec l’accord de l’auteur et de son éditeur quelques extraits d’Eric Zemmour, une supercherie française, de Mohamed Sifaoui

Sommaire
Introduction………………………………………………………………………………11

Première partie
À vue d’homoncule
1 Le fantôme de la race……………………………………………………………27
2 Ah les femmes !……………………………………………………………………41
3 Les homosexuels sont partout………………………………………………53
4 Napoléon fut-il vraiment digne de Zemmour ?………………………63

Deuxième partie
Marche arrière toute !
5 France ! Ma terre d’accueil…………………………………………………….71
6 Mélancolie républicaine et dézemmour d’autrui :
le fatalisme de l’impuissance…………………………………………………81
7 My name is Zemmour… Éric Zemmour !……………………………..91
8 Assimilation/intégration : deux notes obsessionnelles
du ramage zemmourien……………………………………………………….97
9 Gare aux « barbares » !………………………………………………………..109
10 Quelques mots sur l’antiracisme………………………………………….127

Troisième partie
Faire-valoir des extrêmistes
11 Posture ou conviction réelle ?………………………………………………143
12 Tout le monde sait que les dreyfusards ont fini collabos……….157
13 Les nouvelles extrêmes-droites…………………………………………….165
14 Zemmour, « idiot utile » des extrêmes-droites
et des « eurabiens » ?…………………………………………………………..177
15 Zemmour et Ramadan : une alliance inconsciente……………….195
16 On ne fait pas forcément tout comme les Romains !……………..205
17 Ce que Naulleau n’aurait pas manqué
de relever chez un autre……………………………………………………..213
18 Le « politiquement incorrect » comme bouclier……………………223
19 Le zemmourisme est-il au pouvoir ?…………………………………….233
20 Faut-il faire taire Éric Zemmour ?………………………………………..241

Conclusion………………………………………………………………………………249

Extraits :

« Éric Zemmour est un symptôme. Il est le syndrome agité d’une
décadence intellectuelle aiguë qui touche parfois le débat public
français. Il est l’illustration par excellence d’un pays qui doute de
lui-même, d’une Nation qui ne sait plus rêver, d’une société ankylosée,
entre autres, par une multitude de complexes historiques non
digérés. Il est le microscopique parangon d’une droite réactionnaire,
ayant le vent en poupe, et qui trouve sa jouissance à condamner le
présent et à handicaper l’avenir, en convoquant systématiquement
un passé perdu, grossièrement et abusivement magnifié.
Il est une supercherie : il s’est fait passer et on le fait passer par la
grâce de l’autorité médiatique pour ce qu’il n’est pas : un penseur,
un historien, un politiste. Une ferveur d’autodidacte triomphant
aux jeux télévisés, des emballements de lessiveuse à citations, une
absence complète de garde-fous critiques, un culot monstre tiennent
lieu des qualités réelles, en termes de savoir mais aussi et sans
doute surtout de prudence, de tact et de sens des responsabilités
qu’on serait en droit d’exiger de ceux qui se prononcent ex media1,
comme autrefois d’autres ex cathedra, sur les sujets les plus complexes,
les plus périlleux et les plus douloureux.
Il est une supercherie française : seule une certaine déliquescence
morale et culturelle, seul un état d’incapacité chronique de
la société française à se réformer sans tout ce luxe inutile de crispations identitaires, de remugles corporatistes, seule la propension à
remettre ses pas dans les vieilles ornières, comme au bon temps des
années 1930, comme aux bonnes heures des continuités masquées
des jeunesses vichystes, seul enfin ce bon vieux malaise français
auquel on n’échappe qu’en de courts moments de grâce expliquent
le phénomène. Il faut que la cuisine hexagonale soit décidément
un peu crapoteuse pour qu’on se retrouve ainsi, en 2010, avec du
zemmour dans le pâté.
Évidemment, la France et les Français valent mieux que les
supercheries qui croissent dans leur jardin et que cet oiseau qu’ils
laissent, perché sur la branche, pousser sa ritournelle éraillée. À
quoi bon écrirais-je ce livre d’humeur mais aussi de conviction si
je n’en étais persuadé ? »

(…)

« Zemmour aime Napoléon. C’est normal, il était tout petit, très
puissant, avait un joli chapeau, était lui aussi un usurpateur et touchait
sa bille en matière de communication. Il l’aime tant qu’il lui
pardonne apparemment de ne pas avoir poussé le sens de l’assimilation
personnelle jusqu’à changer son étrange prénom : il aurait
pu choisir, par exemple, de s’appeler Éric (le sacre d’Éric Ier en 1804,
cela vous aurait eu une de ces gueules !), s’obstinant à garder ce « la
paille au nez » qui faisait tant ricaner ses morgueux condisciples de
Brienne, qui se gaussaient d’origines tant ethniques que sociales peu
reluisantes à leur gré.
Zemmour est bonapartiste. Quoi de plus « français » en effet que
cette union de tous les contraires poursuivie (avec un succès assez
relatif) par le petit Corse, cet allogène ou quasi qui prétendit régler
par la force et par la loi ces inexpiables querelles de Gaulois ?
Quoi de plus français ? Voire…
Napoléon, homme des Lumières avec des penchants préromantiques,
offre un mixte d’universalisme et de respect pragmatique
des situations concrètes les plus diverses qu’il est parfaitement anachronique de couler dans nos catégories actuelles, assimilation,
intégration et tutti quanti. Passéiste à bien des égards, il ne
s’embarrasse pas plus des scrupules moraux d’un Louis XVI à faire
couler le sang français (« que coglione ! ») que de l’attachement
séculaire et pour ainsi dire organique de la monarchie française
à son pré carré, prend plutôt les hommes pour un vaste capital
mis à la disposition de ses ambitions, et développe un vrai projet
impérial, à la romaine, visant à regrouper un maximum de sujets,
d’administrés, sans souci exagéré de leur couleur de peau, de leur
religion, de leur langue. Façonné par la Révolution, il fait de la soumission
commune aux lois et décrets édictés par lui le seul gage
significatif de la cohérence politique. Opportuniste et sachant flatter
les hommes, il sait trouver du bon à toutes les cultures, notamment
la musulmane durant la campagne d’Égypte, mais il en eut
autant en réserve pour les nobles, pour les républicains, pour les
Italiens, les Polonais, les Russes, prêt en général à reconnaître des
mérites à tout et son contraire pourvu que le tout en question le
suive jusqu’à la mort.
Bien sûr, Napoléon est très zemmourien par certains côtés. Par
son sens de l’ordre, sa manière très efficace, par exemple, de traiter
l’insurrection de Vendémiaire : aucun souci du « politiquement
correct ». Le canon et la mitraille pour premier argument. Très zemmourien
aussi par son cynisme affiché : ne faisons pas une histoire
de toutes ses saignées sur les champs de bataille de l’Europe, une nuit
d’amour des Parisiens et Parisiennes nous repeuplera tout ça. Très
zemmourien probablement par son égotisme, son goût de faire parler
de soi, son petit côté parvenu qui a un avis sur tout, ses ambitions
littéraires. Très zemmouriens sans doute, toute cette poésie de l’arbitraire
et toute cette gloire des charniers, tout ce barnum d’aigles, de
drapeaux, ce grand viol de l’Europe, ce très coûteux pied de nez au
bon sens et à l’Histoire. »

(…)

« Si le discours d’Éric Zemmour rencontre un relatif succès, c’est
aussi parce qu’émergent en France (et en Europe) des courants se
reconnaissant dans une nouvelle idéologie d’extrême-droite. Bien
éloignée de celle d’un Maurras ou d’un Barrès, plutôt dans la filiation
fasciste, cette pensée est incarnée aujourd’hui aux Pays-Bas, notamment
par le désormais célèbre Geerts Wilders, fondateur du PVV,
Partij voor de Vrijheid (le parti de la liberté1), et demain elle le sera en
France, entre autres, par Marine Le Pen (et son futur Front national)
qui tente de rompre avec l’image raciste et antisémite de son père2.
En avril 2010, dans une entreprise visant probablement à l’aider
à refaire la virginité du FN, Éric Zemmour écrivait pour mieux la
banaliser : « Face à la question de l’immigration, elle [Marine Le Pen]
tient un discours assimilationniste qui aurait paru fort banal sous la IIIe République3 ». Le léger éditorialiste oublie néanmoins de rappeler
que Marine Le Pen, qui reste la fille de son père, n’a jamais touché
au fond doctrinal du Front National défendant toujours ardemment
l’idée xénophobe de la « préférence nationale » qui exclue de fait, non
seulement les étrangers, mais aussi les Français d’origine étrangère et,
probablement, Zemmour lui-même.
Largement véhiculée sur Internet (et aussi parfois dans les grands
médias), cette idéologie ressemble à l’ancienne, sauf qu’elle met sous
le boisseau les positions antijuives, préférant jouer en priorité sur la
xénophobie et sur l’amalgame islamistes-musulmans-étrangers. Le
discours est simpliste, caricatural, et évidemment populiste. Et on se
rend compte de l’écho qu’il peut avoir de nos jours dans plusieurs pays
d’Europe, quand on voit l’ascension subite du Néerlandais Wilders qui
peut compter sur des adeptes, y compris dans l’Hexagone. Homme
politique sans envergure et sans épaisseur intellectuelle, au départ
simple assistant parlementaire de Frits Bolkestein (qui devint célèbre
après la polémique portant sur la circulation du « plombier polonais
»), il construira son fonds de commerce principalement autour
de l’islam et des musulmans. Ses envolées sont d’un simplisme sidérant,
mais efficace notamment depuis l’assassinat du réalisateur Théo
Van Gogh, tué par un salafiste d’origine marocaine né aux Pays-Bas.
Wilders compare le Coran à Mein Kampf et exige son interdiction.
Il conseille en outre aux musulmans néerlandais de se débarrasser de
leur religion. L’un de ses slogans préférés : « Ma culture est meilleure
que la culture islamique ! » le fait s’aventurer sur le terrain de la hiérarchisation
entre les cultures que tous les philosophes et historiens
sérieux récusent.
Comme Éric Zemmour, Geert Wilders tient un discours alarmiste
qui jure que la « dislocation » de son pays et celle de l’Europe
sont inévitables. Il entretient, comme le journaliste du Figaro,
ce mythe qui laisse entendre que les musulmans vont envahir le
Vieux Continent démographiquement pour ensuite le dominer. Il appelle à une stricte limitation de l’immigration provenant des
États musulmans. Dans son entreprise farfelue, mais dangereuse,
il peut compter sur le soutien de quelques néoconservateurs américains.
Parmi eux Daniel Pipes qui écrivait, en janvier 2010, une
tribune sur une publication américaine pour dire son admiration à
l’égard du parlementaire néerlandais4. « Qui est l’Européen le plus
important encore en vie aujourd’hui ? », se demande-t-il, avant de
répondre : « Je désignerai le politicien hollandais Geert Wilders. Je
donne son nom parce qu’il est le mieux placé pour faire face au défi
islamique auquel le continent est confronté. Il a les qualités nécessaires
pour devenir une figure historique mondiale. » Pourquoi
une telle admiration ? Pipes s’en explique plus loin très clairement.
Tout en fustigeant la plupart des hommes politiques hollandais
qui, selon lui, ne prennent « aucun risque », il affirme que Wilders
est courageux parce qu’il ose qualifier « Mahomet de diable et exige
que les musulmans déchirent la moitié du Coran s’ils veulent rester
aux Pays-Bas5 ». Dans le même texte, le néoconservateur américain
décrit Wilders comme un « leader incontesté de ces Européens qui
souhaitent conserver leur identité historique », précisant « ce en
quoi lui et son parti diffèrent de la plupart des autres partis nationalistes
d’Europe, les partis anti-immigrants ».
Cette idéologie résolument antimusulmane (et non pas anti-islamiste)
est diffusée en France (et dans les autres pays francophones)
par Anne-Marie Delcambre qui traduit les articles de Daniel Pipes
pour leur donner, ainsi qu’à leur auteur, une audience internationale.
Cette dernière, qui se présente comme une « spécialiste de l’islam »,
défend cette ligne pour le moins contestable qui met sur un pied
d’égalité le musulman pratiquant et le tueur salafiste. J’avais longuement
expliqué sa démarche et la frivolité de sa pensée dans un précédent
ouvrage consacré à l’islamisme6. »

(…)

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Mohamed Sifaoui chez Paul Amar

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Deux, trois mots à propos de Tariq Ramadan

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Le prochain livre de Mohamed Sifaoui: « Eric Zemmour, une supercherie française »

Voici la couverture du prochain livre de Mohamed Sifaoui, « Eric Zemmour, une supercherie francaise ». La sortie est prévue le 1er septembre 2010. Ca sent le souffre…. et mon petit doigt me dit qu’il ne sera pas reçu chez Laurent Ruquier, mouarf.

Pour le pré-commander: cliquer ici

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Le Procès Sifaoui vs Boniface

C’est la question de Me Christophe Bigot au directeur de l’Iris, lors de sa plaidoirie, après 2 jours de procès à la XVIIe Chambre du Palais de Justice de Paris, auteur du livre « Est-il permis critiquer Israël? ». Le chercheur a attaqué en diffamation le journaliste Mohamed Sifaoui, suite à ces propos publiés sur son blog. Ce dernier exprimait son inquiétude face à un discours « qui encourageait la parole antisémite ». Sifaoui revenait sur un article du journal Al Kabar, affirmant de Boniface avait déclaré lors d’un débat à Alger que « certains musulmans en France se trahissaient, comme Mohamed Sifaoui », et qu’il était nécessaire, face à un lobby juif puissant, que les musulmans créent aussi leur lobby. Malgré plusieurs articles de sa plume affirmant le contraire, le chercheur n’a pas nié ses propos face aux juges. Il affirmera à la barre: « c’est dans l’esprit de ce que j’ai dit ». Verbatim de l’affaire Sifaoui contre Boniface.

Lire la suite sur le blog de Monsieur Jo

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Mohamed Sifaoui & Philippe Bercovici sur RFI

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